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 Roland Romanelli

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jc
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MessageSujet: Roland Romanelli   Lun 21 Mai 2018, 12:22

Salut les prolos,
un peu de lecture....

Citation :
Pendant près de vingt ans, le principal compagnon musical de Barbara s’appelait Roland Romanelli. Il revient ici sur leur histoire, entre blagues et cruauté, commencée en comédie et finie en tragédie.

Quand j'ai rencontré Barbara, j'avais 20 ans et elle 36. Son musicien Joss Baselli avait cité deux noms d'accordéoniste pour le remplacer après son départ et elle avait gardé le mien en mémoire. J'étais arrivé à Paris peu de temps avant et j'avais commencé à me faire une petite réputation en tournant avec Colette Renard. J'avais aussi gagné deux ou trois concours mais, malgré ces quelques faits d'armes, j'étais cloué dans un magasin de musique où je faisais des démonstrations d'accordéon. Et puis un jour, au magasin, Barbara m'a appelé pour me demander de jouer avec elle. J'ai d'abord cru à une blague, tellement ça semblait incroyable. Jouer avec Barbara, c'était un rêve complètement fou qui se réalisait. Dans la vie, je m'étais fixé pour but de devenir accompagnateur : pour elle ou pour Brel. Or, Brel venait d'arrêter les concerts.

Elle était encore très jeune, mais pour moi, c'était déjà un monstre. Au téléphone, elle m'a dit "Je dois partir en tournée dans trois jours, il faut qu'on se voie très vite." J'ai d'abord rigolé un moment. Je suis quand même allé au rendez-vous, au Moulin de la Galette ­ et j'ai vu que ça n'était pas une blague. Elle était là, à quelques mètres, elle m'a fait un geste de la main pour que je m'approche. Je n'avais pas compris que c'était pour moi, c'est son chauffeur qui m'a dit d'avancer. Elle m'a pris la main et m'a dit "Ne vous inquiétez pas, tout ira très bien. Rendez-vous demain à la maison, on travaillera mon répertoire." Sa secrétaire m'a donné ses disques, j'ai tout écouté et retranscrit en une nuit, dans ma chambre de bonne. Le lendemain, je suis allé chez elle pour répéter et trois jours plus tard, nous partions en tournée en Italie.

Vous êtes resté vingt ans à ses côtés, avec un rôle qui dépassait largement le cadre de la musique.


Je ne sais pas comment on peut appeler ça. Disons que j'avais le rôle d'homme de vie ­ je ne sais pas si l'expression existe. D'une certaine manière, on vivait ensemble, on voyageait ensemble, on passait tout notre temps ensemble. J'étais son musicien, son chauffeur, son garde du corps. J'étais aussi celui qui la protégeait ­ et c'est sans doute ce qui me rend tellement malheureux maintenant qu'elle n'est plus là. En fait, je n'arrive pas du tout à réaliser qu'elle vient de s'en aller, parce que nous avons été si proches si longtemps... Hier encore, je pensais que c'était une farce. Parce qu'elle en était capable : tout orchestrer puis réapparaître en disant "Bon, je voulais savoir comment ça se passerait le jour de ma mort, c'était juste une répétition" (rires)... A l'annonce de sa mort, j'étais effondré. Le premier jour, j'étais totalement abattu. C'est vingt ans de ma vie... Et même si Barbara pouvait être dure, possessive, exclusive, c'était un amour de femme. Ce que les gens savent moins, c'est que cet amour de femme-là pouvait aussi être extrêmement cruelle, et que c'est précisément ces deux aspects qui faisaient d'elle un être unique.

Quel souvenir gardez-vous de vos séances de travail ? On dit qu'avec Barbara, rien n'était jamais acquis, qu'il fallait sans cesse tout remettre en question.

C'était une grande travailleuse, qui pouvait passer six mois sur une chanson. Une vraie perfectionniste, follement exigeante, qui refusait toute distraction lorsqu'on se mettait au boulot. Parfois, on passait deux jours sans manger. Mais j'ai toujours pensé que dans ce métier, il fallait en passer par là, tout donner, tout sacrifier. Pour moi, c'était aussi une musicienne née, quelqu'un qui écrivait à l'instinct. Le travail ne faisait pas tout.

Vous la dites exclusive. Etait-elle jalouse de votre vie sans elle ?

Bien sûr, et c'était très dur à gérer ­ je me suis marié quatre années après nos débuts ensemble. Sur le plan strictement artistique, je sais qu'elle aurait très mal accepté que j'accompagne d'autres artistes en tournée. Les rares fois où j'ai accompagné des gens pour des émissions à la télévision, je lui ai toujours demandé l'autorisation. Par respect, d'abord, et aussi parce qu'avant d'être avec elle, je n'étais rien. C'est Barbara qui m'a fait... Et lorsque je lui faisais effectivement une infidélité, il lui arrivait fréquemment de me gueuler dessus, ou de se moquer de moi. Barbara adorait se moquer, c'était une manière pour elle de se situer. Au téléphone, elle prenait souvent des voix étranges en se présentant comme une autre chanteuse. "Allô, c'est Untel, passez-moi Roland." Ce genre de bêtises la faisait beaucoup rire.

Après vingt ans de vie commune, vous cessez soudain de travailler ensemble.

C'est moi qui suis parti, et vraiment pour rien. Pour rien ! Une bêtise, un mot de travers ! Juste parce que je n'ai pas adhéré à un disque qu'elle préparait... Je suis très orgueilleux, et elle, dix fois plus que moi : alors même si on s'aimait, même si on avait envie de se retrouver, rien ne s'est plus jamais passé. On attendait tous les deux que quelque chose se passe, un mot, des retrouvailles, mais ça n'est jamais venu. Barbara est une femme qui va au bout de ses idées. Notre histoire le prouve : vingt ans de vie commune et puis plus rien, c'est assez extrême.

A l'origine de la brouille, y a-t-il une simple histoire de désaccord artistique ?

Quelques remarques à propos du disque de Lily passion ­ qu'elle n'a d'ailleurs jamais sorti. Le spectacle, tel qu'elle l'avait imaginé, était fabuleux, mais au moment de préparer les musiques, j'ai senti que quelque chose n'allait pas. Pour moi, ce que nous faisions n'était pas bon, et c'était mon devoir de le dire ­ même si, sous l'effet de la colère, j'ai eu le tort d'en parler à Gérard Depardieu et pas à elle directement. En tout cas, elle n'a pas supporté que je sois en désaccord. Elle est venue vers moi et m'a dit "C'est pas bien, ce qu'on fait ?" Je n'allais pas mentir, alors j'ai répété ce que je pensais et elle a dit "Alors je ne vois pas ce que tu fais là." Du coup, je suis parti, comme un imbécile, sur un coup de tête, et tout a été fini entre nous. C'était un mois avant la première. Les semaines qui ont suivi ont été très dures ­ pour moi comme pour elle, je crois. A l'origine, Barbara a sans doute senti qu'elle me perdait. J'émettais des réserves sur son travail et je commençais à écrire des musiques de films, à m'éloigner, ce qu'elle ne supportait pas.

Elle n'a jamais essayé de vous revoir ?

Une fois, elle m'a appelé à mon studio. J'ai tout de suite reconnu sa voix. Elle a dit "Bonjour, je suis bien chez Jean-Michel Jarre ?" Je ne sais pas ce qui m'a pris ­ je n'ai rien contre Jean-Michel Jarre ­, mais j'ai dit "Vous vous trompez de personne, madame" et j'ai raccroché. Ensuite, plus rien... Je sais qu'on s'intéressait l'un à l'autre par personnes interposées, chacun sachant que l'autre était malheureux, mais ce n'est jamais allé plus loin. J'ai voulu aller voir son spectacle au Châtelet, mais elle ne voulait pas. Elle avait dit à des amis communs que si elle me voyait dans la salle, elle s'arrêterait immédiatement de chanter. Elle ne l'aurait pas supporté... C'est vraiment terrible, parce que j'aurais dû la revoir. Ça, c'est vraiment dur à vivre en ce moment. En un sens, sa mort est un accident pour moi, parce que je m'étais mis en tête de la revoir, peut-être en fin d'année, peut-être au moment des voeux.

Il y a dans votre histoire tous les ingrédients de la rupture amoureuse.

Mais c'était une histoire d'amour ! On ne se sépare pas aussi douloureusement d'un partenaire de travail. Et on ne peut pas remplacer vingt ans de complicité comme ça, en claquant des doigts. Ce qui est terrible, c'est que notre relation a toujours été d'une limpidité absolue. Pas le moindre non-dit, pas de divergence cachée, muette. On savait tout l'un de l'autre et on s'est séparés comme ça, sans rien dissimuler, sans mensonge. Ce qui correspondait certainement à son idée d'une rupture : Barbara m'avait toujours dit qu'on devait se quitter quand tout était clair, au plus beau d'une relation. Elle me l'avait souvent dit : "Toi et moi, on se séparera au sommet de notre histoire." C'était une femme entière, absolue, et puisqu'elle ne pouvait pas me garder tout entier pour elle, elle préférait qu'on se quitte. C'est dire si elle était orgueilleuse, fière, cruelle. D'ailleurs, elle était comme ça avec tous ses amis : douce et cruelle à la fois. Son seul amour intégral était le public. Eux, elle les aimait vraiment complètement, elle voulait les rendre heureux. C'est pour ça qu'on passait tellement de temps sur la route. Certaines années, nous avons fait plus de trois cents galas. Barbara voulait ça : elle voulait aller chez les gens, dans les sous-préfectures, dans les villages. Elle adorait manger dans les petits restos ouvriers, se payer une saucisse-frites dans un bistrot de quartier ou sur un quai de gare, à des heures pas possibles, histoire de rencontrer les gens... Et les gens l'accueillaient si bien. Avec des mots gentils, et surtout beaucoup de respect. Ils la prenaient pour un ange et se tenaient quelques pas en retrait.

L'avez-vous parfois sentie seule ?

Sa solitude, c'était son petit jardin secret, et puis aussi un moyen de nourrir ses textes. Mais le plus souvent, elle n'était pas si seule que ça. Pendant vingt ans, j'étais très présent ­ et puis il y avait tous ses amis. Mais elle avait aussi ses secrets, ses moments de solitude ­ lorsqu'elle a eu ses problèmes de voix, par exemple, après Pantin. Elle n'en parlait pas, elle cachait la vérité. J'ai deviné qu'elle avait un grave problème ­ une corde vocale distendue ­ en l'emmenant à ses cours de rééducation. Mais dans la voiture, elle refusait d'en discuter. Elle savait que je savais, mais elle ne voulait pas l'admettre. Elle n'acceptait pas l'idée d'un déclin. Elle voulait mourir belle.

En apprenant sa mort, vous êtes-vous senti exclu, à l'écart du groupe de ses intimes ?

Non, parce que nous avons été si proches l'un de l'autre que ces douze années sans se voir ne comptent pas. Elle et moi, c'est comme si c'était hier. Et puis j'ai eu le temps de me préparer à l'idée de sa mort ­ même si c'est un choc lorsqu'elle survient effectivement. La mort, nous en parlions très souvent, ce n'était vraiment pas un sujet tabou pour elle. Au début, Barbara me disait toujours qu'elle voulait mourir à 42 ans ­ je ne sais pas pourquoi elle avait choisi ce chiffre-là ­ alors vous voyez, elle a fait du rab'. Elle m'avait vraiment conditionné à ça, c'était pour nous un sujet de rigolade, et c'est ce qui m'aide à surmonter ma peine en ce moment... Les gens n'imaginent pas ce genre de trucs, mais elle et moi, on rigolait tout le temps comme des fous. Et on pouvait rire de tout. Lorsqu'on partait en tournée tous les deux, dans sa Mercedes, il nous arrivait souvent de tailler la route directement après les concerts, la nuit, pour rallier la ville suivante ­ puis on dormait en arrivant, pendant la journée. Or, la nuit, dans la voiture, on parlait pendant des heures. De tout : de la vie, de la mort, de tas de trucs anodins ou graves, et on riait comme des dingues. Ces moments-là resteront comme les plus beaux matins, les plus beaux levers de soleil que j'ai connus de ma vie. C'était des heures uniques, parce qu'on vivait tellement intensément ce métier, cette aventure... Et on riait en permanence, parfois à se rouler par terre, sur le trottoir, pour une bêtise, une blague. Barbara avait un humour dingue et adorait l'autodérision, qu'elle pratiquait à merveille. En même temps, elle avait beaucoup de respect pour les gens ­ et en particulier beaucoup de respect pourma femme... Alors voilà, notre histoire, c'était ça : beaucoup de crises de rire, d'émotion, des milliers de moments uniques, et jamais une minute d'ennui. C'est difficile à expliquer, parce qu'il n'y a pas de mot pour ce genre de relation, alors disons simplement que nous étions extrêmement proches. Barbara, elle, aurait peut-être trouvé les mots qui conviennent.

Source : https://www.lesinrocks.com/1997/12/03/musique/roland-romanelli-elle-voulait-mourir-belle-11231693/



Wikipédia a écrit:
Roland Romanelli, né le 21 mai 1946 à Alger, est un musicien (accordéon et synthétiseur), compositeur et arrangeur français. Il est principalement connu pour ses musiques de film et pour avoir été l'un des principaux collaborateurs de Barbara, de Jean-Jacques Goldman, de Vladimir Cosma, de Guy Béart, de Leny Escudero et Francis Lai.


Biographie

Enfant, Roland Romanelli se consacre à l'accordéon. En 1961, il s'adjuge la coupe mondiale d'accordéon à Pavie (Italie).

Il arrive à Paris en 1966, où il est repéré par Colette Renard puis par Barbara avec laquelle débute une grande complicité qui durera vingt années. D'abord musicien à ses côtés (accordéoniste et claviériste), il se spécialise rapidement dans l'arrangement musical, et devient son directeur artistique attitré. Il lui écrit également plusieurs chansons, comme À peine, Vienne, ou encore Cet enfant-là. Roland Romanelli ne travaille cependant pas exclusivement avec Barbara, et il collabore ponctuellement, dans les années 1970, avec d'autres artistes comme Serge Lama, Charles Aznavour, Michel Polnareff… Il apprend également à maîtriser le synthétiseur dont il est, avec Jean-Michel Jarre, l'un des pionniers en France.

Dans les années 1980, bien que toujours collaborateur numéro un de Barbara, Roland Romanelli diversifie ses activités. Il arrange des musiques pour Patrick Bruel, Marc Lavoine, Line Renaud, Jean-Jacques Goldman… Il se rapproche de Vladimir Cosma, dont il arrange les musiques de film. Il en compose lui-même certaines (comme celle des Années sandwiches). Il se tourne également vers le théâtre et arrange les musiques de plusieurs pièces et comédies musicales. Ses nombreux travaux lui donnent moins de temps pour se consacrer à Barbara avec qui les relations se distendent. En mars 1986, à la suite d'un incident mineur (un micro-conflit entre Barbara et Gérard Depardieu dans lequel il soutient l'acteur), il est congédié par la chanteuse. Il ne reverra jamais plus Barbara.

Il se rapproche alors davantage, dans les années 1990, de Jean-Jacques Goldman, intègre sa troupe musicale (aux claviers et synthétiseurs), et arrange ses chansons et spectacles, ainsi que la plupart des albums d'autres artistes composés et écrits par Goldman. Il arrange ainsi Gang de Johnny Hallyday (qu'il accompagne également au synthétiseur dans cet album). Enfin, il poursuit dans les années 1990 et 2000 ses activités d'arrangeur en théâtre et musiques de film. Il coécrit avec Goldman la bande originale de Astérix et Obélix contre César.

Accompagné d'Ann'so, il signe à la fin de l'année 2002 un spectacle en hommage à la chanteuse Barbara, Ma plus belle histoire d'amour… Barbara[1],[2]. Ann'so défend ce spectacle sur la scène de L'Européen[3],[4]. Enregistré avec l'Orchestre Symphonique de Bulgarie, un album en est extrait[5],[6].

En 2008, il écrit, compose et arrange Barbara vingt ans d'amour avec Rébecca Mai au Théâtre de Paris, puis au Théâtre Hébertot et aux Variétés, ainsi qu'en tournée en France. En juin 2010, il publie, avec Christian Mars, un livre sur ses vingt ans de collaboration avec la chanteuse Barbara, titrée comme le spectacle, et enfin en 2013, il retravaille ce spectacle avec Rébecca Mai sous le titre Barbara par Roland Romanelli au Théâtre Comédia.

Il a été par ailleurs le directeur musical (composition et production) des épisodes de la série télévisée Famille d'accueil, et à présent de Joséphine Ange Gardien.

Aujourd’hui[Quand ?] Roland Romanelli est le chef d’orchestre de la tournée de Laurent Gerra, après l’avoir accompagné sur scène avec le Big Band de Fred Manoukian.

Au cinéma en 2017, Roland Romanelli est incarné par Vincent Peirani dans le film Barbara

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Romanelli


Bonne lecture
Salutaswing

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